Retrouvez mon interview dans La Capitale concernant la destruction du viaduc.

Lien : https://www.lacapitale.be/505050/article/2020-01-19/ne-va-pas-lacher-le-combat-contre-le-pad?fbclid=IwAR2iSYLR1mnImBXX8oxp1Agtgv1I-smyUDkcUqs1OnhnmVtjfT0wHYMLrJg

 

«On ne va pas lâcher le combat contre le PAD»

Le conseiller communal fait remonter le combat au niveau parlementaire.

Le conseiller communal fait remonter le combat au niveau parlementaire. – E.G.
Jeremy Van Gorp (MR) travaille au Parlement Européen et au conseil communal d’Auderghem. Il s’est récemment fait remarquer par ses prises de position contre la façon dont le plan régional Good Move prévoit d’abattre le viaduc Herrmann-Debroux.
À partir de quand as-tu commencé à te saisir de ce que l’on appelle le PAD Herrmann-Debroux-Demey- Delta ?
Je n’étais pas encore élu comme conseiller communale puisque c’était pendant la campagne communale [en 2018]. On avait déjà entendu parler de la destruction du viaduc Herrmann-Debroux, mais on n’avait pas accès aux documents. On a été à deux, avec [la conseillère communale] Martine Maelschack à la présentation très vague du projet par [le centre d’étude régional] perspective.brussels. On s’est rendu compte qu’il y avait bien une destruction du viaduc de prévue mais qu’il n’y avait quasiment pas d’alternatives de proposées. À l’époque déjà, on avait dit : « attention, il faut des alternatives ».
Le plan Good Move a ensuite été adopté ?
Le temps passe et le gouvernement bruxellois adopte en première lecture le projet. Là, on reçoit réellement les études d’incidences. Ce sont des milliers de pages que Martine et moi avons lus. On s’est rendu compte que la concrétisation n’était pas en adéquation avec l’ambition. Je partage cette envie de transformer l’entrée de la ville, d’y intégrer une mobilité douce, d’améliorer la qualité de l’air, d’adapter la réalité communale à la transition écologique… tout ça, c’est quelque chose pour lequel je me suis engagé. Mais je me demande si la concrétisation du projet ne va pas produire l’effet inverse.
Pourquoi ?
Le PAD, c’est deux choses. Un, on détruit le viaduc. Deux, on crée du logement. Beaucoup de logement, ce qui répond à une demande régionale. Mais quand on analyse les conséquences des deux, c’est inquiétant. D’autant plus qu’ils n’ont pas fait une analyse des deux objectifs simultanés. À Delta, Beaulieu et Demey, on revoit le cadre pour faire émerger d’autres types de bâtiments. À Delta, il devrait y avoir un nouveau complexe de logements, de commerces… quand on regarde l’entièreté du projet, c’est 1.500 nouveaux logements. C’est-à-dire quasiment 4.500 nouveaux habitants que l’on prévoie sur la commune. Avec l’activité que cela va engendrer, c’est à peu près 40.000 déplacements par jour en plus sur la commune. De manière urbanistique, les hauteurs sont assez importantes, ce qui crée des inquiétudes car Auderghem est connue pour être une commune à taille humaine. On a les atouts de la ville sans vraiment y être. Les riverains craignent que ce nouveau projet vienne défigurer la caractéristique de la commune.
L’autre volet…
… c’est le viaduc. Sa destruction engendrerait – ce n’est pas moi qui le dit mais les études – la saturation totale de la chaussée de Wavre et augmenterait le trafic sur un nombre important d’axes, notamment au boulevard des Invalides, où il y a déjà une congestion. Les gens se demandent juste : « comment on va faire pour qu’Auderghem absorbe l’ensemble de ce trafic plus l’ensemble des nouveaux habitants qui arrive ». Prévoir un parking de dissuasion de 1.500 places, même pas relié à un métro, alors qu’on supprime en même temps sur la commune un parking de 1.000 places, ça ne fonctionnera pas.
Vous vous êtes opposés au projet ?
On est venu au conseil communal avec une série d’amendements au texte. On a proposé toute une série d’alternatives. On a dit que la commune devait demander à la Région d’analyser d’autres possibilités. Rien que le fait d’analyser d’autres possibilités, l’ensemble de nos amendements, à part un, a été voté contre massivement par Ecolo et par DéFI.
Un refus total, donc ?
C’est un refus total de pouvoir seulement considérer de penser que l’on va penser à un autre projet. Cela montre bien que c’est une logique partisane qui est dictée par la région bruxelloise et que nos élus auderghemois suivent la directive qui est de faire passer ce projet. C’est une logique bruxelloise. Moi, je ne suis pas dans cette logique-là. On a rencontré des architectes et on a vu que d’autres alternatives sont possibles.
Tu parles de 1.000 places qui vont disparaître ?
Le parking autour de l’hypermarché carrefour devrait disparaître. Le site Demey va être complètement réaménagé. Et là, on aura normalement une place communale. La seule chose que j’ai demandée – et là, mon amendement a été adopté – c’est que cette place appartienne à Auderghem. Il est important que la commune soit propriétaire de cette place.
Maintenant, l’enquête publique est finie. Cela signifie que le combat est fini ?
On ne va pas lâcher. Ce n’est pas parce que la commune a rendu son avis que tout est fini. On garde contact avec les Auderghemois et les associations qui s’inquiètent pour essayer de former un bloc. L’opposition au projet, ce n’est pas quelque chose de propre au MR. Ce qu’on veut, c’est essayer de créer une opposition commune. Mais en même temps, c’est un projet régional. De notre côté, on essaie donc de travailler avec les députés régionaux – David Leisterh, Geoffrey Coomans, Aurélie Czekalski, Alexia Bertrand notre cheffe de groupe – pour essayer de monter une opposition au niveau parlementaire. Il faut savoir que ces inquiétudes ne sont pas limitées à Auderghem. David Leisterh a ainsi organisé une réunion consultative à Watermael-Boitsfort. Les inquiétudes étaient exactement les mêmes, mais liées au territoire de Boitsfort. Ce n’est donc pas juste quelque chose qui inquiète les Auderghemois. Ce n’est pas comme si, au moment où on arrive à Arsenal et qu’on quitte Auderghem, la circulation allait se fluidifier soudainement.
Et vous pensez que ce levier parlementaire a des chances d’aboutir ?
Il faut croire en la démocratie. Mais ils sont motivés et ils sont très bons. Et le courant passe bien entre les différents niveaux de pouvoir.

Recréer l’antenne auderghemoise du MR «à partir de rien»

Leave a Reply